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Rituels 7 min de lecture 13 juin 2026

Olfactothérapie : la puissance insoupçonnée de l’odorat

Comment les odeurs transforment les émotions en quelques secondes — la science derrière l'olfactothérapie.

Sam — Stimule ta confiance
Billy — Apaise les enfants
Tara — T'aide à te lancer
Martine — Te console
Paulette — Calme la colère
Monique — Favorise le sommeil
Tamara — Booste ta vitalité

L’olfactothérapie repose sur un principe simple : l’odorat est le seul sens capable d’atteindre directement nos émotions et nos souvenirs. Mais comment ça marche concrètement ?

Pourquoi respirer pour atteindre nos souvenirs et nos émotions ?

Notre cerveau est composé, entre autres, d’un système qu’on appelle « limbique », du latin « limbus », qui veut dire bordure ou lisière. C’est la même étymologie que quand on parle « des limbes ».

Considérez-vous comme un véritable aventurier, un apprenti de la vie. Ainsi, dans ce système limbique, vous allez trouver :

Le système limbique, notre bibliothèque de souvenirs

  • Une alarme, un signal qui permet de sortir de la mise en veille. Face à une émotion plus forte, une joie, une peur, elle va prévenir. (Amygdale : émotions)
  • Afin de se souvenir de cette alarme, car souvenez-vous, vous êtes des apprentis, vous devez pouvoir vous souvenir de l’apprentissage obtenu. Il faut pour cela activer le travail des archives, comme pour créer une grande bibliothèque de souvenirs. Ça tombe bien, l’alarme et la bibliothèque sont proches, elles communiquent donc facilement et rapidement ! (Hippocampe : mémoire)
  • L’alarme déclenchée, l’apprenti doit agir et s’adapter pour pouvoir mettre en place son action, quelle qu’elle soit. (Si je décide que je dois prendre la fuite, je vais avoir besoin d’en informer le corps, de lui demander de rendre disponible de l’énergie pour les mouvements, puis je vais avoir besoin de réparer les structures abîmées par l’effort, etc.) Il faut donc que cet intermédiaire puisse transmettre l’information du cerveau au corps périphérique. C’est un peu la nourrice qui s’assure qu’on mange, qu’on boit, qu’on aille dormir. Mais s’il est capable de déléguer une partie de ce travail au corps, il conserve le besoin de s’assurer de tout ce dont on n’a pas conscience : battements du cœur, digestion… (Hypothalamus : réaction)
  • En tant qu’apprenti, vous pouvez avoir besoin d’exprimer, à vous, aux autres, ce qui est ressenti (joie, peine, douleur). Vous avez également besoin d’être plus attentif si vous êtes confronté à de la nouveauté. L’apprentissage, c’est intégrer de nouvelles idées ou modifier des connaissances existantes ; dans les deux cas, cela peut provoquer une contradiction entre ce qui est déjà connu et intégré. Il faut donc une zone capable de nous faire sortir d’un mode passif pour être plus attentifs. Cette partie qui va gérer les contradictions, les conflits, la douleur, l’expression et le ressenti des émotions est appelée gyrus cingulaire et elle appartient également au cerveau limbique.
Olfactothérapie : schéma du système limbique et des émotions

Sachez, parents fatigués par leurs adolescents, que cette zone est déjà pleinement opérationnelle chez vos enfants. En revanche, le cortex préfrontal, capable de canaliser, de faire preuve de plus de réflexion ou de logique, est encore en chantier. Ce qui explique que les émotions débordent facilement à cet âge-là.

Ainsi, nous avons notre bibliothèque, zone instinctive dédiée à nos apprentissages de vie. Que ce soit d’une rupture ou d’un accident qui nous montre qu’il faut éviter de traverser une rue sans regarder : on apprend et on stocke !

L’olfactothérapie, une voie directe vers le cerveau émotionnel

L’avantage de notre odorat, c’est qu’il ne peut être bridé par le thalamus, il n’a pas à passer de barrière de contrôle. Il passe par la fenêtre pour venir directement stimuler cette pièce de notre cerveau qui contient nos souvenirs et nos émotions. Vous l’avez même sûrement déjà expérimenté ! Quand vous vous retrouvez à voyager dans les souvenirs d’un proche parce qu’une personne porte le même parfum ? Quand une odeur de nourriture vous rappelle le plat cuisiné par votre grand-mère ? Et là, je vous parle d’odeurs que vous avez conscience de sentir ! Sachez que certaines molécules nous impactent tous les jours sans que nous nous en rendions compte ! D’ailleurs, pour nos amis à quatre pattes, c’est exactement la même chose, mais en plus puissant.

Quand on respire un extrait de plante, on exploite cette capacité. Ici, avec des huiles essentielles qui ont une odeur prononcée, mais on peut très bien utiliser des extraits de plantes sans odeur identifiable par les êtres humains que nous sommes !

Le simple fait d’activer cette zone du cerveau peut apaiser. Simplement parce qu’une odeur a été associée à une réaction de plaisir ou positive dans le corps, vous imaginez qu’elle va venir relancer cet état-là. Comme je vous le disais, vous êtes un apprenti. Si vous avez ancré le fait que l’odeur de la barbe à papa est associée à du plaisir, du jeu et des proches, et que c’est apaisant, alors le simple fait de la respirer vous apaisera à nouveau. Pour une naturopathe, vous avouerez que j’aurais pu trouver un autre exemple que cette barbe à papa, mais c’est la première qui m’est venue, j’ai donc laissé faire. Il pourrait être intéressant que je me balade en fête foraine pour voir si ce n’est pas apaisant pour moi.

On peut donc aller plus loin et utiliser des odeurs capables de venir relancer certains apprentissages ou de les transformer. On s’est rendu compte que les plantes pouvaient faire ça !

Le Genévrier nain, que vous pouvez retrouver chez « Billy ».

Comme je vous l’ai dit, il n’est pas nécessaire de percevoir une odeur pour qu’un message par l’odorat soit transmis. Néanmoins, je vais vous ajouter un petit mot sur les molécules présentes dans les huiles essentielles.

C’est tout l’intérêt de l’olfactothérapie : utiliser des huiles essentielles comme le Genévrier nain pour créer cette rencontre entre une odeur et vos émotions. – Juniperus communis nana. C’est une huile essentielle composée :

  • De monoterpènes : molécules considérées comme tonifiantes ! Pour moi, c’est un peu comme faire appel à une force brute, lumineuse. On a plus de recul, on est plus dans le présent et on se sent plus résistant. C’est un peu comme faire appel à un Viking des grands froids.
  • D’esters : molécules considérées comme apaisantes, nous aidant à nous détendre, stimulantes de notre sensation de bien-être. Capables de calmer le stress, l’hypertension par exemple. Elles nous aident aussi à être un peu plus joyeux.
  • D’acides : molécules considérées comme capables de calmer les spasmes !

(Huile essentielle présente dans le mélange que Billy que je vous est préparée !)

→ On a ici une association de molécules capables d’apaiser et de détendre de façon importante ! Cela dit, le vivant n’est pas qu’une association de molécules. C’est ce qui me fait vous inviter fortement à faire appel à des totums et non à des extraits standardisés. Mais c’est également ce qui me fait vous encourager à ne jamais résumer une plante à ses composants. C’est bien trop réducteur et, souvent, cela manque de justesse car beaucoup de choses nous échappent encore !

Votre odorat est donc capable, à lui seul, de créer une rencontre entre un genévrier nain apaisant et décontractant, et vos souvenirs, vos émotions, vos mémoires, votre parcours.

C’est CE point de rencontre qu’on cherche à atteindre avec l’olfaction d’huiles essentielles ou d’extraits de plantes.

Pourquoi l’olfaction peut parfois bousculer avant d’apaiser

Il est peut-être important que je vous précise que ce n’est pas toujours évident. On est parfois bien plus attachés à notre système de fonctionnement. Ainsi, il n’est pas rare d’observer des débuts d’olfaction avec des sensations désagréables. Combien ai-je vu de personnes sentir leur cœur s’accélérer ou une tension dans la tête en respirant la « Rose de Damas » , avant de finir par céder à quelques larmes. En olfactothérapie, il est fréquent que les premières séances bousculent avant d’apaiser. C’est même fascinant de voir que lâcher prise demande parfois beaucoup de courage et d’énergie. Être en état de vigilance constant. Avoir un système nerveux appelant du cortisol toute la journée est parfois un état qui rassure. Il rassure car c’est un état connu, familier, mais aussi parce qu’on a cette croyance que si on est sur le pied de guerre, on ne se laissera pas dépasser par la surprise. C’est ce qui fait qu’il est parfois difficile et effrayant de sortir de cet état de stress permanent. Le choix du mélange est alors important. La durée de votre olfaction d’autant plus. Si vous passez par un passage moins simple, laissez le mélange faire son œuvre, vous serez surpris d’être soulagé.

Pour aller plus loin
Cet article s’appuie sur les principes de la naturopathie hildegardienne. Retrouvez l’expertise de Tiffany Taphanel, naturopathe, sur l’olfactothérapie et les huiles essentielles.